L’inaction climatique a une ligne dans votre compte de résultat

Au 1er janvier 2025, la surprime « catastrophes naturelles » de vos contrats d’assurance dommages est passée de 12 % à 20 % (arrêté du 22 décembre 2023). Vous l’avez payée, que votre entreprise ait ou non une démarche climat. C’est la première ligne d’une facture qui s’allonge.
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Temps de lecture : 5 min
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Crue d'un fleuve en zone urbaine, arbres et lampadaires sous l'eau devant des bâtiments d'activité

Ce problème vous concerne si...

Vous repoussez le bilan carbone faute de budget.
Votre prime d’assurance grimpe et personne ne vous dit pourquoi.
Le climat, pour vous, c’est un sujet pour 2050.

Table des matières

L'essentiel à retenir

Le coût de la transition occupe tout le débat. Celui de ne rien faire en est absent. Les économistes l’ont pourtant chiffré. Le rapport Stern (2006) estime le coût de l’inaction à au moins 5 % du PIB mondial, contre environ 1 % pour celui de l’action. Une étude de l’Institut de Potsdam (avril 2024) conclut que le coût des émissions passées sera six fois plus élevé que celui de l’action climatique d’ici 2050. Les ordres de grandeur varient selon les études, le sens ne varie pas (franceinfo, Le vrai du faux, janvier 2025). La loi en tire déjà les conséquences pour les territoires : l’article R2229-51 du code de l’environnement impose aux collectivités de prendre en compte le coût de l’action et celui de l’inaction dans leur plan climat-air-énergie.

Pour une entreprise, la facture se lit déjà ligne par ligne : primes d’assurance, ruptures d’approvisionnement, prix de l’énergie et des matières, productivité, marchés. Une dernière ligne n’apparaît sur aucune facture : le décrochage. Vos clients grands comptes doivent mesurer leur Scope 3, qui représente en moyenne 70 % des émissions d’une organisation selon l’ADEME. Ils envoient donc des questionnaires RSE à leurs fournisseurs, puis ils retiennent ceux qui répondent. Les acheteurs publics notent l’environnement depuis le 21 août 2026. L’entreprise qui n’a rien à répondre perd des points, puis des marchés, sans qu’aucun avis d’échéance ne le signale.

Agir ne ramène pas cette facture à zéro. Selon le PNUE (septembre 2026), le seuil de 1,5 °C sera franchi dans les toutes prochaines années, et l’enjeu mondial devient d’en limiter l’ampleur et la durée. Cela relève des États. Pour votre entreprise, l’enjeu est plus proche : réduire la part de ce qui arrive déjà que vous subissez, plutôt que la découvrir au renouvellement de votre contrat.

Où l’inaction se paie-t-elle déjà ?

Poste Ce qui se passe déjà Chiffre sourcé Ce qu’une démarche change
Assurance
Primes en hausse, risque de non-assurabilité des sites très exposés
Surprime CatNat de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025 (arrêté du 22 décembre 2023). Environ 143 Md€ de sinistres climatiques cumulés sur 2020-2050 (France Assureurs)
Un diagnostic de vulnérabilité documente votre exposition et vos mesures de prévention, et nourrit la discussion avec l’assureur
Chaîne d’approvisionnement et continuité d’activité
Arrêts de production, fermetures de points de vente, ruptures d’approvisionnement
91 % des dirigeants français interrogés déclarent des pertes liées aux perturbations climatiques de leur chaîne d’approvisionnement sur deux ans (Sweep et Capgemini, septembre 2026). Environ 120 Md€ de coût des événements climatiques extrêmes pour la France entre 1980 et 2022 (Agence européenne de l’environnement, citée par le Sénat)
Identifier vos fournisseurs et vos sites critiques, prévoir des alternatives avant la rupture
Énergie et matières premières
Prix plus volatils, dépendance aux fossiles, matières agricoles sensibles à la chaleur
L’été 2022 a ajouté environ 0,7 point à l’inflation alimentaire en Europe (BCE et Institut de Potsdam)
Consommer moins d’énergie et dépendre moins des fossiles réduit l’exposition aux prix
Productivité
Chaleur en atelier, sur chantier, en entrepôt
3 % de productivité en moins par degré au-delà de 30 °C (Allianz Trade)
Horaires, locaux et organisation adaptés avant la prochaine vague de chaleur
Marchés et clients
Un critère environnemental dans chaque consultation publique, des clients qui trient leurs fournisseurs
Au moins un critère d’attribution environnemental pour toute consultation lancée depuis le 21 août 2026 (loi Climat et Résilience, article 35). Scope 3 : 70 % des émissions en moyenne (ADEME)
Une performance documentée rapporte des points et répond aux questions de vos clients

Ces chiffres mesurent des périmètres différents (sinistres assurés, enquête auprès de dirigeants, économie nationale, inflation). Ne les additionnez pas.

Par où commencer ?

Chiffrez votre exposition avant de chiffrer votre plan

Additionnez la hausse de vos primes sur trois ans, les jours d’activité perdus à cause de la chaleur ou des intempéries, les retards de livraison d’un fournisseur touché, les consultations où un critère environnemental vous a fait perdre des points. Ce total remet la décision à sa place : vous comparez le coût d’un diagnostic à une dépense déjà engagée. Pour savoir à quoi votre territoire vous expose, Géorisques est un bon point de départ, et notre article sur les risques climatiques auxquels votre PME est exposée détaille ce qu’un diagnostic complet apporte en plus.

Menez deux fronts à la fois : réduire et vous protéger

Réduire vos émissions agit sur le long terme et sur votre accès aux marchés. Vous protéger de ce qui arrive agit sur vos primes, vos sites et vos équipes, dès maintenant. Une PME qui ne mène que l’un des deux reste exposée. Pour planifier l’adaptation, l’État français retient une trajectoire de référence à +4 °C en 2100 pour la France hexagonale : un cadre de planification, ni une prévision ni un pire cas. Notre article sur l’adaptation climatique en PME détaille cette trajectoire.

Posez d’abord la mesure : votre bilan carbone Scopes 1 et 2

Il dit où vous consommez, donc où votre facture d’énergie baisse en premier et où votre exposition aux prix recule. Il fournit aussi le chiffre que vos clients réclament déjà. C’est le point d’entrée de toute trajectoire de décarbonation. Pour le démarrer, lisez le bilan carbone en PME, puis par où commencer la décarbonation.

Présentez la démarche comme une réduction de risque

Le cadrage décide de l’adhésion. « On fait de la RSE » mobilise peu. « On réduit une charge qui augmente chaque année » mobilise le comité de direction, le comptable et l’assureur. Auprès de vos clients, le même message dit autre chose : vous restez dans leur panel fournisseurs quand ils trient. Les avantages économiques de la décarbonation se lisent dans la même colonne.

FAQ

L’inaction climatique coûte-t-elle plus cher que l’action ?

Les études disponibles vont dans ce sens. Le rapport Stern (2006) chiffre l’inaction à au moins 5 % du PIB mondial contre environ 1 % pour l’action, et l’Institut de Potsdam (avril 2024) à six fois le coût de l’action d’ici 2050. Ces études portent sur l’économie dans son ensemble. Pour une entreprise, le calcul dépend de ses sites, de ses fournisseurs et de ses contrats, et il se fait ligne par ligne.

En partie à cause de la surprime catastrophes naturelles, passée de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025 pour financer le régime CatNat. D’autres facteurs dépendent de vos sites et de votre contrat : votre courtier peut vous en détailler la part. Pour les sites très exposés, le risque de non-assurabilité existe. Documenter votre exposition et vos mesures de prévention est le point de départ de la discussion avec l’assureur.

Depuis le 21 août 2026, tout acheteur public doit retenir au moins un critère d’attribution environnemental dans les consultations qu’il lance, quel que soit le type de marché. La loi ne fixe aucune pondération minimale. Le critère doit être lié à l’objet du marché et mesurable : labels reconnus, données chiffrées d’émissions, analyses de cycle de vie ou engagements contractuels avec indicateurs de suivi.

Le bilan carbone mesure ce que vous émettez, il sert à réduire. Le diagnostic de vulnérabilité mesure ce que le climat vous fait subir, il sert à vous protéger. Une PME a besoin des deux.

Et dans votre cas ?

Votre exposition dépend de vos sites, de votre secteur, de vos clients et de votre contrat d’assurance. Personne ne peut la chiffrer à votre place, mais personne ne devrait la découvrir sur un avis d’échéance. Avec illio, vous mesurez vos émissions, vous diagnostiquez votre vulnérabilité et vous transformez ces deux chiffres en plan d’action que votre comité de direction et votre assureur comprennent. Vous voulez passer à l’action ? C’est exactement pour ça qu’illio existe.

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