Communiquer sur sa RSE sans finir accusé de greenwashing

Depuis le 27 septembre 2026, un produit ne peut plus être présenté comme "écologique", "vert" ou "respectueux de l'environnement" sans preuve d'une performance reconnue. C'est la directive européenne 2024/825, et elle s'applique à toutes les entreprises, y compris la vôtre. Beaucoup de PME en tirent la mauvaise conclusion : mieux vaut se taire. C'est l'inverse.
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Personnes qui travaillent sur une communication sans greenwashing

Ce problème vous concerne si...

Vous avez des actions réelles mais vous n'osez pas en parler.
Votre site affiche "éco-responsable" ou "neutre en carbone" depuis des années.
Un client vous demande de justifier une allégation et vous n'avez rien à envoyer.

Table des matières

L'essentiel à retenir

Le greenwashing n’est pas une question d’intention. C’est un écart entre ce que vous dites et ce que vous pouvez prouver. L’ADEME le définit comme l’usage abusif de l’argument écologique, sans que les engagements réels ne le justifient. Une entreprise sincère peut en faire sans s’en rendre compte : une feuille verte sur un packaging, un « 100 % naturel » hérité d’un ancien catalogue, un « neutre en carbone » copié sur un concurrent.

Le cadre s’est durci en deux temps. En France, la loi Climat et Résilience de 2021 encadre l’allégation de neutralité carbone : depuis le 1er janvier 2023, affirmer qu’un produit ou un service est « neutre en carbone » impose de publier un bilan de gaz à effet de serre, une trajectoire de réduction et les modalités de contribution, sous peine d’une amende pouvant atteindre 100 000 euros. En Europe, la directive 2024/825 applicable depuis le 27 septembre 2026 interdit les allégations environnementales génériques non prouvées, les labels de durabilité sans schéma de certification reconnu, et toute allégation de neutralité fondée sur la compensation d’émissions.

Ce durcissement est une bonne nouvelle pour les PME qui agissent. Il élimine les concurrents qui se contentaient d’un vernis. Il reste à savoir formuler.

Le greenwashing, c’est dire plus que ce qu’on peut prouver. Le remède, ce n’est pas le silence, c’est la preuve.

Ce que vous pouvez dire, et à quelles conditions

Allégation Statut Pour pouvoir le dire
Neutre en carbone
Encadrée en France, interdite en UE si fondée sur la compensation
Bilan GES publié + trajectoire. En pratique : à éviter
Écologique, vert
Interdite sans preuve depuis le 27 septembre 2026
Écolabel officiel ou ACV vérifiée
Recyclable, biodégradable
Autorisée si vérifiable
Preuve technique et périmètre précisé
x % moins polluant
Trompeuse sans comparaison
Moins que quoi, sur quel indicateur, mesuré par qui
Label ou picto maison
Interdit s’il imite une certification
Label tiers reconnu, ou visuel non certifiant
Engagés pour la planète
Légal mais vide
Une action datée et chiffrée à la place

Sources : ADEME, Guide de la communication responsable ; loi Climat et Résilience et son décret d’application sur la neutralité carbone ; directive (UE) 2024/825.

Les orientations clés

Partez de vos preuves, pas de vos messages

Avant d’écrire une ligne, listez ce que vous pouvez documenter : un bilan carbone daté, un taux de déchets valorisés mesuré, une part d’achats locaux calculée, un accord d’entreprise signé. Chaque preuve devient un message. Ce qui n’a pas de preuve n’est pas un message, c’est un projet. L’ADEME résume la règle en trois mots : la preuve avant le message. Ce que vous y gagnez : une communication que personne ne peut retourner contre vous, et un argumentaire commercial qui tient face à un acheteur exigeant.

Remplacez les adjectifs par des chiffres et des dates

« Engagé pour l’environnement » ne dit rien. « Nous avons réduit de 18 % notre consommation de gaz entre 2023 et 2025, mesurée sur nos factures » dit tout. Un chiffre, une période, une méthode. Cette précision est exactement ce que la directive européenne exige, et exactement ce qu’un client ou une banque veut lire. Elle a un effet secondaire utile : elle oblige à mesurer, donc à piloter. L’ADEME publie ses recommandations sur la communication des performances environnementales.

Dites ce qui reste à faire

La transparence sur vos limites est votre meilleure protection. Une PME qui écrit « notre Scope 3 n’est pas encore mesuré, c’est prévu en 2027 » est plus crédible qu’une PME qui affiche « entreprise neutre en carbone ». Les acheteurs qui traitent des questionnaires RSE toute l’année savent lire entre les lignes. Une démarche honnête sur ses trous inspire plus confiance qu’un tableau sans défaut.

Alignez tous vos canaux

Une incohérence entre votre site, votre plaquette, votre rapport RSE et la réponse à un questionnaire client sera repérée. Souvent par le client lui-même, parfois par un salarié, parfois sur LinkedIn. Fixez une seule source de vérité, une page ou un document interne qui liste vos engagements, vos chiffres et leurs preuves, et faites-en dériver toutes vos prises de parole.

Traitez la contribution carbone comme un complément, jamais comme un solde

On ne compense pas des émissions émises. Financer un projet de captation ou de préservation est utile, et illio le recommande, mais cela ne rend pas votre activité « neutre ». Le vocabulaire juste est « contribution carbone ». C’est aussi celui que le droit européen impose désormais : depuis le 27 septembre 2026, une allégation de neutralité fondée sur la compensation est interdite, quel que soit le sérieux du projet financé.

FAQ

Le greenwashing est-il puni par la loi en France ?
Oui. Une allégation environnementale trompeuse relève des pratiques commerciales trompeuses du Code de la consommation. Pour l’allégation de neutralité carbone, la loi Climat et Résilience prévoit une amende pouvant atteindre 100 000 euros. La DGCCRF contrôle, et les associations peuvent saisir le juge.

Oui, sans seuil de taille. Elle s’applique à toute entreprise qui communique vers des consommateurs. En B2B, les principes de preuve et de précision restent la référence, et vos clients soumis à la CSRD les appliquent déjà dans leurs questionnaires.

Seulement si vous pouvez démontrer une performance environnementale reconnue, par exemple un écolabel officiel. Sans cela, remplacez l’adjectif par le fait précis : « fabriqué à 90 % à partir de matière recyclée, certifié par X ».

Oui, à condition de dire qu’elle est en cours. « Nous avons lancé notre bilan carbone en 2026, résultats prévus au premier trimestre 2027 » est une communication responsable. « Entreprise bas carbone » ne l’est pas.

Un label reconnu, adossé à un audit tiers, est une preuve. Un pictogramme créé en interne qui ressemble à une certification est désormais interdit. Vérifiez toujours qui délivre le label et sur quels critères, y compris quand vous évaluez vos propres fournisseurs.

Non. Une page « Nos engagements » avec des chiffres datés et sourcés suffit à une PME pour démarrer. Le rapport vient ensuite, quand la matière existe.

Et dans votre cas ?

Chaque entreprise a ses allégations héritées, ses preuves partielles, ses clients plus ou moins regardants. La bonne communication n’est pas la plus prudente, c’est la plus juste. illio aide les PME à auditer ce qu’elles disent déjà, à documenter ce qu’elles font et à formuler des engagements qui tiennent devant un acheteur, une banque ou un juge. Vous ne savez pas si ce que vous affichez aujourd’hui est encore permis ? On en parle.

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